Eglise Notre Dame de la Croix

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Accès

3 place de Ménilmontant 75020 PARIS
Tél. : 01 58 70 07 10
Métro
    M° Ménilmontant, ligne 2
Velib'
  • Station N° 20033, 29 rue etienne dollet
  • Station N° 20032, 55 rue des cendriers
  • Station N° 20121, 27 rue boyer

fleche

Un peu d'histoire...
Une église pour lutter contre la déchristianisation d'un quartier ouvrier
L'église actuelle remplace une chapelle de secours en bois élevée en 1833 sur le territoire paroissial de Belleville dans le but de lutter contre la déchristianisation déplorée dès cette époque dans nombre de quartier ouvriers : elle visait à épargner aux habitants du secteur le long trajet jusqu'à l'église de Belleville.
Ces deux lieux de culte s'avèrent vite trop exiguës étant donné l'accroissement de la population, et dès 1853 s'exprime la volonté de construire deux édifices plus importants.
L'église Saint-Jean-Baptiste est commencée en 1854, achevée en 1859. L'édification de Notre-Dame-de-la-Croix est quant à elle décidée en 1860, avec l'annexion des communes périphériques à Paris, dont l'ancien hameau de Ménilmontant.

Une église mise en scène dans la ville
C'est en 1863 que commencent les travaux, sur les plans et sous la direction de l'architecte Louis Héret. Si une partie de l'édifice est livrée au culte dès 1869, les retards se multiplient à cause du siège de Paris et de la Commune.
L'église sert alors un premier temps de lieu de réunion aux Gardes nationaux de l'arrondissement (c'est là qu'en 1871 les militants communards votent par acclamation la mort de monseigneur Sibour, archevêque de Paris, et de tous les otages), avant de faire office d'entrepôt de vivres, de vin, d'armes et de munitions.
L'aménagement intérieur n'est finalement achevé qu'en 1881.

Parmi les lieux de culte édifiés par la Préfecture de la Seine sous le Second Empire, Notre-Dame-de-la-Croix constitue le plus vaste (97 mètres de long, 78 mètres de haut pour la flèche) et le plus coûteux (2,3 millions de francs) de l'Est parisien.

 

Architecture
L'impressionnant effet scénographique de l'escalier, aussi large que l'édifice et limité par deux balustrades initialement rythmées par des candélabres à gaz, est une astuce de l'architecte pour tirer parti de la forte déclivité du site et rattraper ainsi la différence de niveau entre le sol de l'église et celui de la rue Julien-Lacroix.
Accru par le percement de la rue Etienne-Dolet, le jeu perspectif ainsi ménagé permet d'appuyer le rôle symbolique de l'église.
Mise en scène sur la colline de Ménilmontant par son escalier monumental, ses dimensions imposantes et la hauteur de son clocher, l'édifice fonctionne en effet pleinement comme repère spirituel et urbain à l'échelle du quartier.
Les deux façades latérales complètent ce dispositif. Celle de droite est partiellement enclavée dans des propriétés particulières, mais articule l'église avec la rue par une placette. À gauche, rue Eupatoria, l'entrée donne au bas d'un escalier monumental et permettait la descente à couvert des voitures.

Style romano-gothique et techniques de construction modernes
Le vocabulaire architectural s'inspire de modèles romans et gothiques, déclinés de manière pertinente autour d'un plan très allongé et d'un vaisseau central assez étroit.
Les dispositions intérieures sont d'une grande simplicité et très fonctionnelles. La note la plus originale réside dans le recours à une armature métallique dont les arcs sont laissés apparents dans la nef et le transept.
À Notre-Dame-de-la-Croix s'exprime ainsi l'éclectisme du Second Empire, dans une version toutefois bien plus sagement archéologisante (pas très clair pour le grand public...) qu'à l'Opéra Garnier par exemple. Le décor notamment y est en effet bien plus austère.

 

Décor et mobilier
Le décor sculpté extérieur est commandé par la Ville en 1867 à une pléiade de sculpteurs (Tournois, Barthélémy, Chambard, Leenhoff, Denécheau). Il se concentre sur les façades : le motif de la croix orne les roses des transepts tandis que les tympans retracent des épisodes de la vie du Christ.
À l'intérieur, la sculpture ornementale (notamment les chapiteaux et culots en forme de têtes de rois et de reines, parfois d'ecclésiastiques) est due aux entrepreneurs Planquette et Thisse.

Divers éléments décoratifs, exécutés selon des techniques en vogue au XIXe siècle, apportent une note de couleur : verrières en grisaille dites en « cage à mouche » réalisées selon le procédé économique de la sérigraphie et verrières ornementales commandées par la Ville en 1867 au maître-verrier Ména ; laves émaillées et peintures sur métal imitant l'émail champlevé, conçues par le peintre Paul Balze en 1875 à la demande de la fabrique pour orner les autels ; chemin de croix en lave émaillée, exécuté la même année d'après des cartons de Joseph Hussenot.

À l'exception de la Crucifixion peinte et sculptée en haut-relief par Albert Chanot dans le bras droit du transept, le seul décor peint conçu expressément pour l'église orne la chapelle de la Vierge : pour ses murs, Jules Machard avait été chargé en 1875 par la Ville de figurer, sur quatre grandes toiles, des épisodes de la vie de Marie.
Pour des raisons de santé, il n'acheva que deux panneaux, La Visitation et La Crucifixion ; la réalisation des deux autres toiles fut cédée à l'un de ses confrères à la villa Médicis, Alphonse Monchablon, qui reprit et termina en 1882 L'Annonciation et L'Assomption.
Cet ensemble permet de découvrir la contribution au décor religieux de ces deux portraitistes mondains de la fin du XIXe siècle, peu connus de nos jours, premiers prix de Rome en 1865 et 1863, et fortement influencés par l'Italie.

Un « dépôt » de belles peintures
Le nombre restreint de commandes pour le décor intérieur fut progressivement compensé par le dépôt de plusieurs tableaux de qualité, provenant d'églises anciennes plus richement dotées en oeuvres d'art.
Dans le transept, figurent ainsi aujourd'hui deux grandes toiles commandées sous la Restauration, en 1819 et 1827, par la Ville pour Notre-Dame-de-Paris (alors église paroissiale) avant d'être concédées en 1884 à Notre-Dame-de-la-Croix : de Pierre Delorme, La descente du Christ aux limbes, aux fantastiques effets de lumière ; de Jean-Périn Granger, Jésus guérissant les malades, d'une conception plus académique.
Une troisième peinture, oeuvre de Jean-Jacques Lagrenée datée de 1803, figure La Mort de saint Joseph et provient quant à elle de la Chapelle des Carmes.
Dans le déambulatoire, sont présentés deux tableaux initialement commandés en 1819 par la Ville de Paris pour le transept de l'église Saint-Paul-Saint-Louis et transférés à Notre-Dame-de-la-Croix en 1952 : Jean-Baptiste Charpentier a figuré Saint Paul sur le chemin de Damas, Constant Smith Le Serpent d'airain.
L'église abrite enfin la seule oeuvre connue d'Alexandre Durant, le Martyre d'un pape. Daté de 1620, de provenance inconnue, ce tableau juxtapose à la manière d'un surprenant collage divers modèles vraisemblablement inspirés de la statuaire antique.



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