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Jardin du Palais Royal

Photo de l'équipement Jardin du Palais Royal

© François Grunberg / Mairie de Paris

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Accès

2 place Colette 75001 PARIS
Métro
    M° Pyramides, ligne 7,14
Velib'
  • Station N° 1015, 2 place andre malraux
  • Station N° 1026, place du lieutenant henri karcher
  • Station N° 2007, 1 rue chabanais

Horaires

Tarifs

Gratuit
  • 0.00 €

fleche

Accessibilité d'usage pour les personnes à mobilité réduite et en situation de handicap sensoriel
Pour plus d'informations concernant l'accessibilité, consultez le site du Centre des Monuments Nationaux
http://www.handicap.monuments-nationaux.fr/

 

A la découverte du Palais Royal


Ce jardin paisible et nostalgique du Palais Royal, enserré dans un superbe ensemble architectural, s'est résolument tourné vers l'avenir avec ses sculptures contemporaines de Buren et de Bury.

Se promener 

Quatre doubles rangées de tilleuls taillés en marquise plantés dans les années 1970 et des marronniers rouges plantés en 1910 (au Nord du jardin) ombragent les nobles allées du jardin du Palais-Royal, aux côtés de 466 autres arbres. Un bassin central déploie ses jets d'eau en forme d'éventail vers deux vastes pelouses bordées de massifs fleuris redessinés par le paysagiste Mark Rudkin. 

 

D'élégantes statues en marbre (le Charmeur de Serpent, par Adolphe Thabard -1875-, et Le Pâtre et la Chèvre, par Paul Lemoyne -1830-) semblent s'élancer vers les pilastres cannelés et les chapiteaux corinthiens dont l'architecte Victor Louis (1731-1811) a habillé les magnifiques édifices qui entourent le jardin du Palais Royal. Pierre Fontaine (1762-1853) réalisa les ailes de Montpensier et de Valois. Vous retrouverez l'ensemble des galeries autrefois si pleines de vie, communiquant avec le jardin par 180 arcades, dont vous apprécierez la fraîcheur en été.
 

Aujourd'hui, seuls quelques Martinets noirs (Apus apus) viennent troubler la quiétude du jardin du Palais Royal. Dès le mois d'avril, ils arrivent de leur lointaine Afrique, s'installent sur les bâtiments alentours et chassent les insectes qu'ils sont parfois capables d'aller chercher à des dizaines de kilomètres en cas de pénurie !
 

A l'entrée, vers la place du Palais-Royal, vous découvrirez les colonnes tant contestées de Daniel Buren (1986) aux rayures blanches et grises caractéristiques, surplombants un réseau souterrain de cours d'eau où les Touristes et les Parisiens en mal d'amour jettent souvent des pièces avant de formuler un voeu.

A quelques pas de là, l'eau s'écoule inlassablement le long des parois des boules en acier poli de Paul Bury, qui scintillent au soleil. 
 

Le tout petit canon-chronomètre, qui avait été volé en 1998, a retrouvé sa place. Il trône au centre du jardin du Palais Royal depuis 1786 . Installé sur la ligne du méridien de Paris, il tonnait à midi précis les jours de soleil, de mai à octobre, jusqu'en 1914 et fit dire à une personne :

" En ce jardin, tout se rencontre,
Hormis de l'ombrage et des fleurs ;
Si l'on y dérègle ses moeurs,
Au moins, on y règle sa montre. " !
 

Un peu d'histoire
Des médailles de Dioclétien, Posthumius et Valentinien 1er abandonnées vers 365 après J.C. et la découverte de bassins dans le sous-sol des jardins du Palais-Royal témoignent de l'existence passé de riches villas à l'époque gallo-romaine, où d'une station thermale qui aurait été la première de Paris. Leurs jardins s'étendaient alors aux confins orientaux de la forêt de Rouvray qui recouvrait toute la région Nord et Ouest de Lutèce.
 

Les jardins et le Palais-Royal virent le jour sur le souhait du cardinal de Richelieu, le " Palais-Cardinal " abritant deux grands bassins avec jets d'eau, des statues, des parterres de broderies, deux allées d'ormes et un petit bois, un bel ensemble dessiné par le jardinier du roi Desgots qui fut tout de suite ouvert au public. Légué à Louis XIII après sa mort, et métamorphosé en " Palais-Royal ", le palais accueillit la famille royale et fut le théâtre de nombreux événements historiques. En 1651, il fut envahi par les Parisiens alertés par des rumeurs dénonçant la fuite du roi Louis XIV. Ils pénétrèrent jusque dans la chambre du jeune roi âgé de 12 ans, pour vérifier qu'il dormait paisiblement !
 

Dans les jardins du Palais Royal, Mazarin organisa pour le roi des chasses miniatures, qui y apprit également à monter à cheval et à faire la guerre sur un petit fort, des années heureuses pour le petit roi. Plus tard Louis XIV attaché au lieu y installa l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture (1661-1692).
 

Vers 1730, les jardins du Palais Royal subirent leurs premières transformations, les vieux ormes et les marronniers centenaires étant pour la plupart abattus, laissant un grand bassin esseulé, des parterres de gazon bordés d'ormes taillés en boule et de nombreux bancs entourés de tilleuls. Les Parisiens s'y pressaient, nouvellistes, oisifs et flâneurs conversant sous " l'arbre de Cracovie ". Diderot aimait s'y asseoir pour rêver, vers les cinq heures du soir.
 

La construction des rues de Montpensier, de Valois et de Beaujolais réduisirent notablement la surface du jardin qui passa de 333m de long et 143 de large à 275m de long et 100m de large ! Philippe d'Orléans, duc de Chartres, alors endetté, transforma les édifices et fit construire de nouveaux pavillons destinés à être loués pour renflouer ses dettes. La grande animation qui y régnait déjà s'amplifia d'autant, favorisée par l'ouverture tardive des jardins du Palais Royal : 23h00 en hiver et 1h00 du matin en été.
 

Après l'incendie de l'Opéra, le duc d'Orléans fit construire en 1786 en plein milieu du jardin, à l'emplacement du bassin actuel, " le cirque ", une salle creusée à 5m sous terre et 3m au-dessus du sol. De nombreuses fêtes, des repas, des jeux, des bals, des tableaux vivants, aussi bien que des conférences littéraires et scientifiques rythmaient la vie des jardins. Le feu eut raison de son succès, mais les Parisiens purent alors se tourner vers le tout jeune Théâtre des Variétés du Palais-Royal, qui devint notre Théâtre Français, en 1790.

L'interdiction faite à la police de pénétrer dans l'enceinte des jardins du Palais Royal permit toutes les extravagances et les débordements : des filles galantes s'y promenaient légèrement vêtues...certains disent même avoir aperçu Joséphine de Beauharnais, futur impératrice, en galante compagnie...un mannequin du pape y fut brûlé en 1791, les opposants aux régimes en place y appelaient à prendre les armes, comme Camille Desmoulins en 1789, qui arracha les feuilles des arbres pour s'en servir de cocarde...
 

De très nombreux cafés, tripots et boutiques florissaient, sous les arcades du Palais Royal, attirants jeunes soldats et filous de toutes sortes : " Le Véry ", premier restaurant à prix fixe (englobé dans le Grand-Véfour en 1859), le " Café des Aveugles ", où les quatre musiciens victimes de ce handicap échappaient ainsi à des spectacles outrageants pour les bonnes moeurs, la boutique du coutelier où Charlotte Corday acheta le couteau qui ôta la vie à Marat (1793), la salle de bal " Le Pince-Cul ", le " Café Méchanique " devant lequel s'agglutinaient les curieux pressés d'assister au spectacle inédit d'un service assuré par des monte-plats qui débouchaient au centre de chacune des tables, mais aussi des cafés qui marquèrent l'histoire. Au Grand-Véfour (1740), qui a résisté aux assauts du temps, les chaises accueillirent des séants respectables : Murat, l'explorateur Humboldt, le duc de Berry, Lamartine, Thiers ou Sainte-Beuve... Tandis que dans les appartements perchés au-dessus du café, se croisaient Danton, Robespierre ou Fabre d'Eglantine, car les galeries abritaient aussi des cabinets littéraires et de savants libraires. On y perdait des fortunes au biribi, au trente-et-quarante et à la roulette, on écoutait le ventriloque, découvrait le théâtre d'ombre chinoises, la prussienne de 2,20m ou l'homme de 238 kilos...
 

Les arcades du palais Royal étaient aussi renommées pour son Cabinet des Figures de Cires (1785). Imaginé par le suisse Curtius, il présenta pour la première fois des figures de cires de taille réelle. C'est sa nièce, qui en épousant un certain Monsieur Tussaud, anglais de son état, fut à l'origine du célèbre musée de cire de Londres baptisé " Madame Tussaud " !
 

Le tracé des jardins du Palais-Royal fut de nouveau modifié sous le règne de Charles X (1824-1830), leur donnant leur physionomie actuelle, en faisant disparaître les enseignes trop voyantes, les tripots mal famés et les femmes de petite vertu, sonnant le glas des belles années du Palais-Royal. De nos jours, on peut encore voir, avec un peu d'imagination, tous ces personnages illustres hanter les galeries du Palais Royal, grâce aux quelques boutiques et aux cafés qui tentent de perpétuer la tradition. Les ailes de Montpensier et de Valois abritent aujourd'hui le Conseil Constitutionnel et le Ministère de la Culture.

 

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