Saint-Eustache

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Accès

2, impasse Saint Eustache 75001 PARIS
Tél. : 01 42 36 31 05
Métro
    M° Les Halles, ligne 4
Velib'
  • Station N° 1008, allee andre breton
  • Station N° 2002, 32 rue etienne marcel
  • Station N° 2005, 46 rue de montmartre

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Un peu d'histoire...
L'Eglise des Halles : de la chapelle Sainte Agnès à Saint Eustache
Le développement d'une nouvelle agglomération autour des Halles entraîna le remplacement de la petite chapelle médiévale construite vers 1200 dans la rue Montmartre et dédiée à sainte Agnès, par une véritable église digne de ce quartier prospère, dédiée à saint Eustache dont une relique avait été offerte par la basilique de Saint-Denis.
Après Notre-Dame, c'est une des plus vastes églises de Paris ; son ampleur témoigne de la reprise économique et de la progression démographique après 1500.
L'édifice domine un quartier profondément transformé au cours des siècles : autrefois inséré dans un tissu urbain très animé, il est aujourd'hui dégagé sur trois côtés et s'ouvre sur le jardin qui, au milieu du XXe siècle, a succédé aux pavillons de Baltard.
Avec la disparition de ceux-ci et des marchands qu'ils abritaient, ce fut également la fin du fleurissement des chapelles par leurs confréries.

 

L'architecture
Un témoin isolé mais essentiel des recherches architecturales à Paris à la Renaissance
La chapelle Sainte-Agnès, devenue église paroissiale en 1303, fut plusieurs fois agrandie au cours des XIIIe et XVe siècles avant qu'en 1530, la première pierre d'une nouvelle église ne soit posée par le prévôt de Paris.
Les travaux se poursuivirent durant plus d'un siècle, la nef étant achevée en 1632 tandis que le chantier se terminait trois ans plus tard.
L'église ne prit son apparence définitive qu'avec l'adjonction d'une nouvelle façade occidentale, commencée en 1754 par Jean Hardouin-Mansart de Jouy et continuée, sans être achevée, par Pierre-Louis Moreau-Desproux en 1772. Par la suite, d'importants aménagements mobiliers et décoratifs mis à part, l'église ne connut plus de grande modification.

Peu remanié, l'édifice s'impose par son unité et sa cohérence, d'autant plus remarquables que les travaux furent lents (entravés par le manque de financements et les guerres de religion) et les modèles multiples. L'église Saint-Eustache fait en effet coexister la tradition médiévale (qui survit dans l'architecture religieuse bien après sa disparition dans les constructions civiles) et une ornementation renaissance.

Le plan, comme à Saint-Merry, reproduit ainsi celui de Notre-Dame (redoublement des collatéraux et du déambulatoire, transept et chapelles latérales non saillants) tandis que la structure repose sur un système gothique d'arcs-boutants, de voûtes à nervures, de voûtes en chaînettes et de piliers composés.
La décoration relève quant à elle du style renaissance ; elle s'éloigne cependant notablement des prescriptions de Vitruve, architecte de l'antiquité remis à l'honneur par les théoriciens de la renaissance italienne, et traite les emprunts à l'Italie avec fantaisie.
L'église Saint-Eustache illustre ainsi le "classicisme gothique" vers lequel évoluait alors la France. Son originalité, restée pourtant sans descendance, en fait un édifice de première importance dans l'histoire de l'architecture française.

 

Décors intérieurs, mobilier et vitraux
De rares et précieux vestiges du décor de l'Ancien Régime
À la Révolution, l'église fut pillée et transformée en temple de l'Agriculture. Quelques oeuvres furent heureusement épargnées, notamment les vitraux du choeur peints en 1631 par Antoine Soulignac et figurant, sur fond d'architecture en trompe-l'oeil, les Pères de l'Eglise et les apôtres, le Christ, sainte Agnès et saint Eustache.
Dans les chapelles Saint-Vincent de Paul, Sainte-Cécile et des Saints-Anges, des peintures murales du XVIIe siècle ont également survécu.
Réalisé vers 1720 par Pierre Lepautre, le banc d'oeuvre enfin est, avec ceux de Saint-Germain-l'Auxerrois et de Saint-Gervais, l'un des rares de l'Ancien Régime encore conservés.

En outre l'église Saint-Eustache bénéficia au XIXe siècle de la restitution de certaines saisies révolutionnaires, comme le Saint Jean-Baptiste de François Lemoyne (1728).
De même le Martyre de Saint Eustache commandé à Simon Vouet en 1635 pour le maître-autel, après avoir été saisi en 1794, fut acquis par le cardinal Fesch puis par un particulier qui le céda en 1855 à la préfecture de la Seine.
Du tombeau de Colbert, dessiné par Charles Le Brun et sculpté par Antoine Coysevox et Jean-Baptiste Tuby (1685-1687), ne subsistent que l'effigie du ministre et les figures de la Fidélité et de l'Abondance : transporté à la Révolution au musée des Monuments français, il fut partiellement remonté dans l'église en 1817.
 

La restauration de Baltard, occasion de redécouvertes et de commandes prestigieuses
Un décor intérieur avait été lentement reconstitué après les destructions révolutionnaires lorsqu'en 1844 un incendie provoqua des dégâts considérables.
Suivit une campagne de restauration intérieure présidée par Victor Baltard, l'architecte des Halles ; à cette occasion, on retrouva, dans sept chapelles, un décor mural du XVIIe siècle dissimulé sous un badigeon.
Parallèlement, la préfecture de la Seine décida d'étendre à l'église Saint-Eustache les commandes de décor monumental.

Baltard conçut alors un vaste programme et sollicita une cinquantaine d'artistes qui jouissaient sous Napoléon III d'une réputation considérable, offrant ainsi à Saint-Eustache un étonnant aperçu de l'art religieux sous le Second Empire.
Plus de trente peintres participèrent à l'entreprise, et parmi eux, Isidore Pils, Sébastien Cornu, Auguste Vauchelet, Félix Barrias ou Auguste Glaize.
Tandis que le décor de la chapelle de la Vierge dû à Thomas Couture (1851) relève d'un réalisme proche de la scène de genre, celui du transept et de la chapelle des catéchismes (1856) traduit le goût d'Émile Signol pour le symbolisme et l'allégorie.

Parmi les commandes de reliefs et statues en bois, pierre, marbre, fonte ou terre cuite émaillée, se distinguent les groupes romantiques d'Émile Chatrousse (la Résignation, 1856) et d'Antoine Etex (Ecce Homo, 1856), ou le relief du Mariage de la Vierge par Henri de Triqueti (1859).
Les vitraux de même furent commandés à des maîtres-verriers de renom, tels que Gsell et Laurent, Prosper Lafaye ou Thévenot. Enfin le mobilier fut entièrement reconstitué et Baltard dessina lui-même le maître-autel, le buffet d'orgues et la chaire.
 

De belles oeuvres anciennes affectées à l'église aux XIX et XXe siècles
La Vierge à l'enfant exposée par Pigalle au Salon de 1745 avait été commandée pour le dôme des Invalides ; recueillie au musée des Monuments français, elle fut achetée par la paroisse en 1804 pour orner la chapelle de la Vierge.
Le panneau peint par Santi di Tito et déposé en 1815 à l'église (Tobie et l'Ange, vers 1575), ainsi que la toile de Rutilio Manetti, déposée en 1811 à l'église de l'Assomption puis en 1933 à Saint-Eustache (l'Extase de sainte Madeleine, avant 1627), proviennent quant à eux du butin assemblé par les armées françaises en Europe.
Enfin une Adoration des Mages d'après Rubens côtoie une représentation des Pèlerins d'Emmaüs considérée, sinon comme une oeuvre originale du maître, du moins comme une production de son atelier.



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