Saint-Jean-de-Montmartre

Photo de l'équipement Saint-Jean-de-Montmartre
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Accès

19, rue des Abbesses 75018 PARIS
Tél. : 01 46 06 43 96
Métro
    M° Abbesses, ligne 2,12
Velib'
  • Station N° 18004, 2 rue de la vieuville
  • Station N° 18042, face 36 boulevard de clichy
  • Station N° 18005, 8 rue tardieu

fleche

Un peu d'histoire...
Implantée rue des Abbesses, Saint-Jean-l'Evangéliste, dit Saint-Jean-de-Montmartre, est une église récente dans un paysage religieux plus que millénaire.
La colline de Montmartre présente déjà sous l'Antiquité plusieurs temples. Au début de l'ère chrétienne elle devient le lieu de persécution, selon la tradition, des premiers chrétiens.
Le terme « Montmartre » signifierait d'ailleurs « mont des martyrs ». Dès l'époque mérovingienne une chapelle est érigée à l'emplacement de la future église de Saint-Pierre-de-Montmartre.
Au XIIe siècle Louis VI le Gros, fonde à la demande de son épouse un monastère de bénédictines. Ce monastère déplacé au bas de la colline au XVIIe siècle est détruit sous la Révolution.
Dans cet environnement religieux ancien, Saint-Jean-de-Montmarte constitue une création innovante répondant davantage aux besoins de la population qu'au culte des martyrs.

 

L'architecture
Saint-Jean-de-Montmartre est réalisé autour de 1900, alors que la pression démographique parisienne et la fermeture temporaire pour cause de vétusté de l'église Saint-Pierre-de-Montmartre, rendent l'édification d'un nouveau lieu de culte nécessaire.

Cette période coïncide avec une période de tension entre l'administration et l'église catholique. L'administration des cultes reste en effet tout le long de cette construction rétive à l'édification d'une seconde église paroissiale sur la colline de Montmartre.
En 1892, l'abbé de Sobaux, curé de Saint-Pierre-de-Montmartre achète alors à ses frais la parcelle sur laquelle est édifiée la future église.
Ce terrain en pente, mal commode, mesure un peu plus de 44 mètres sur 20 mètres. De plus les contraintes budgétaires sont fortes.
Ces conditions difficiles n'empêchent pas à Anatole de Baudot (1834-1915), élève de Viollet-le-Duc de répondre à la commande, en réalisant un véritable jalon dans l'histoire de l'architecture religieuse occidentale.

A cette époque, la question des matériaux de construction devient centrale dans les débats entre architectes.
Anatole de Baudot fait ici le choix de l'innovation, voire de l'expérimentation en utilisant la technique brevetée par l'ingénieur Paul Cottancin.
Les piles et les arcs sont formés de briques creuses dans lesquelles est coulé du ciment armé de tiges métalliques.
Les parties horizontales, comme les voûtes, sont constituées quant à elles de maille de fil de fer et de ciment. Cette technique qui a l'avantage de proposer des structures portantes très légères pour une importante surface couverte, inquiète alors l'administration qui fait suspendre le chantier, afin de faire vérifier la stabilité de l'ouvrage.
La construction est même un temps menacée de destruction, l'abbé Sobaux ayant fait réaliser les travaux sans autorisation. Il bénéficie d'une loi d'amnistie des petits délits votée pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus. Le chantier reprend, et après plusieurs péripéties, s'achève par l'ouverture de l'église au culte le 13 juin 1904.

 

Une façade surprenante
L'enveloppe extérieure toute de briques ne laisse pas envisager la complexité des matériaux de construction employés.
Toutefois, la façade avec son portail haut et étroit flanqué de deux tours octogonales reliées entre elles par plusieurs arcs, ne laisse pas indifférent. Ses lignes structurantes sont ornées de pastilles en grès émaillé signées Bigot.
Ce décor coloré rattache Saint-Jean-de-Monmartre au style Art Nouveau. Pierre Roche réalise le tympan, où trois personnages en buste et haut relief surmontent l'entrée principale. Saint Jean l'Evangéliste y est entouré de deux anges.

 

Décors intérieurs, vitraux et mobilier
Le décor rattache cet édifice au style 1900 mais apparaît plus modeste que son architecture, qui frappe par son audace.

Le décor intérieur est réalisé, faute de moyens, seulement à partir de 1913, lorsque le chanoine Loutil est nommé curé de la paroisse.
A cette date, le vitrail du choeur, représentant le Christ en croix exécuté en 1901 par les Destournel, constitue la seule ornementation. Le Père Loutil commande les autres vitraux consacrés aux Litanies de la Vierge, à des scènes de la vie de Jésus et à saint Jean l'Evangéliste.
Pascal Blanchard peint les cartons, et Jac Galland exécute cet ensemble. Le patronage de saint Jean l'Evangéliste est rappelé dans le choix des scènes illustrées sur les vitraux : elles sont extraites de l'Apocalypse et du quatrième évangile.

Les parois murales sont confiées aux peintres Planzeau pour le choeur, où sont représentées les Noces de Cana et la Cène, et Thiery pour les chapelles du deuxième transept. Le décor au pochoir soulignant les arcatures  est exécuté en 1917, de même que le rideau byzantin en trompe l'oeil.
Le maître-autel est réalisé en 1919 d'après les dessins d'Anatole de Baudot, par le mosaïste Guraud et le sculpteur Pierre Roche. De part et d'autre de l'entrée sont placés deux bénitiers ornés d'anges verseurs d'eau. Ils sont l'oeuvre de Guéniot.



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